LES INITIATIONS: ÇA COMMENCE
Patrice Malidoma Somé à 18 ans...Il est maintenant dans la forêt ou se passent les rites initiatiques
je ne sais pas
comment cette session s'est terminée.
Je me rappelle
seulement d'un immense rocher qui pesait plusieurs tonnes et qu'on me jeta.
Je le vis venir sur moi mais il arrivait tellement vite que
je n'eus vraiment pas le temps de l'éviter. Je ne pus que faire un bouclier de mes mains et protéger mon visage.
C'était une
défense futile mais c'était tout ce que je pouvais faire. Le rocher
explosa en me rentrant dedans. Je me vis à ce
moment là comme un personnage de dessin animé découpé dans un
morceau de carton- allongé au sol... mais... il n'y avait pas de
rocher
Soudain j'entendis une voix que je connaissais. « Malidoma, tu es en
retard »
Je regardais
de part et d'autre; je n'avais pas bougé
depuis le début de ma vision.....
Nyangoli me
parlait. Un rocher ne m'avait pas frappé de plein fouet mais plutôt
Nyangoli m'avait touché doucement pour attirer mon attention.
« il
fallait que je te frappe pour te ramener « expliqua t-il « tu
ne voudrais pas rester ici »
le feu était
presque éteint. Les flammes se mouraient après avoir consommé
jusqu'à la dernière branche de bois. Il n'y plus d'Anciens ni au centre
du cercle ni ailleurs. Seul restait le coach. Il demanda si
tout le monde était revenu, et ne se préoccupa pas d'attendre une
réponse. Il la connaissait déjà.
« vous
avez commencé la nuit de votre éducation. Ce sera une nuit sans
sommeil et ce jusqu'à l'aube de votre « éveil ». Vous
ferez des expérience étonnantes, vous verrez et sentirez nombres de
choses différentes, et cela vous changera pour le reste de votre
vie.
C'est mon rôle
de vous prévenir que ce n'est pas un jeu. J'ai remarqué que
certains d 'entre vous ont déjà du mal à rester avec le
groupe. Vous devez apprendre à ne pas résister. Ce n'est pas un
champ de bataille. Vous êtes venus ici pour accepter de mourir parce
que vous voulez vivre. Vous risquez de ne jamais trouver une nouvelle
vie si vous commencez à vous faire distancer »
je ne savais
pas du tout ce dont il parlait. Je regardais Nyangoli espérant
trouver une réponse mais il se détourna. Je regardai Toori
qui était assis à ma gauche. Il sourie amèrement comme s'il était
désolé pour moi , comme s'il aurait voulu m'aider.
« Demain
on travaillera avec votre vision » continua le coach. Il faut
que vous appreniez à voir. Sans une bonne vision, vous ne pouvez
continuer les sessions suivantes. Quand vous saurez bien voir, vous
voyagerez chacun individuellement vers vos lieux propres dans le
monde pour trouver toutes les parties de votre Moi. Mais maintenant
je veux que vous dormiez. Reposez vos corps fatigués cette nuit et
gardez vos esprits alertes. Il n'y aura plus aucune pause dans cet
enseignement jusqu'à ce que tout soit fini »
Une partie de
moi comprenait ce qu'il disait, une autre partie ne comprenait rien.
La partie qui comprenait savait que j'allais vivre mes jours et mes
nuits comme dans un rêve ou les mondes se rencontraient avec fracas et
les différentes réalités se confronteraient.
Je savais que je ne
pourrais survivre que si je faisais un effort surhumain pour ne pas
résister au processus d'initiation , si je ne mettais pas en place
des règles et des mesures pour contrôler le flot d'informations qui
me seraient présentées.
Je savais aussi
à un certain niveau, que je dés-apprendrai quelque chose. Les idées
sur le monde qui m'étaient chères allaient changer. La réalité
allait bouger avec ma coopération.
Et si je ne coopérai pas, la
réalité viendrait elle me chercher et m'emmener avec elle de toute
façon ? Le premier jour de cette initiation marquait la fin de mon
éducation traditionnelle; quelque chose se terminait
sans appel.
Il y avait
cependant une partie de moi qui ne savait que faire de tous ces
changements. Des myriades de questions ralentissaient mon évolution
vers la connaissance traditionnelle. Je désirais des débats, des
théories, de la critique : c'était clairement ce que m'avait
légué le monde blanc.
Mais je ne
cessais de me dire qu'on ne pouvait pas toujours poser des questions.
On ne peut pas constamment sculpter des théories pour encadrer
l'expérience, ou couvrir l'expérience avec le toit des théories.
Les techniques
de l'enseignement indigène se montraient à moi, balayant mes
notions préconçues sur la façon d'enseigner;
cette façon indigène
de voir et ce que j'avais appris au séminaire étaient aussi
différents que le liquide du solide . Il me semblait que la
connaissance Dagara était liquide en ce sens que ce que j'apprenais
était vivant, respirait, était flexible et spontané. Tout cela
n'avait de sens que par rapport au relationnel. il n'était pas figé
même quand il le paraissait.
Par exemple,
les arbres ne sont pas immobiles, ils voyagent comme nous ici et là.
A l'inverse, la
connaissance occidentale que j'avais reçu les voyait comme solides
parce qu'elle était ligotée dans une rhétorique logique telle,
qu'elle était rigide et inflexible. La connaissance qui vient des
livres, des cannons de la tradition écrite est très différente de
la connaissance vivante et respirante qu'offre un Ancien de la tribu,
différente aussi de la connaissance intérieure, de celle de l'âme.
Je me demandais aussi:
Est ce possible
qu'une réalité soit en contradiction avec une autre réalité ?
Quelle nouvelle
réalité allait se présenter à moi ?
Qu'est ce que
la réalité ?
J'avais reçu
tellement d'informations nouvelles en quelques heures que je me
sentais terriblement alourdi par cette connaissance, et pourtant je
ne pouvais pas analyser ce qui s'était produit.
Un vieil homme
commença à parler et tout d'un coup je comprenais petit à petit,
ou bien je me rappelais. Je me suis dit qu'il fallait absolument que
je calme mon cerveau agité – l'arrêter ou le contrôler. Si je ne
le faisais pas je me savais perdu, mais comment le savais je ?
Je le sentais tout simplement, d'une certitude forte et sans faute.
Cette nuit,
j'ai oublié ce qu'était la nourriture. La faim que je ressentais à
la tombée de la nuit s'évapora comme effrayée par les événements
récents. Une telle intensité habitait mon corps que je ne pouvais
me soucier d'avoir faim.
Je pulsais au
même rythme que la pulsation de la terre : vert, jaune, bleu et blanc-
je voyais ces couleurs tout autour de moi. Tout le Vivant les portait
ou en portait une variation.
Les initiés étaient allongés sur leur
lit de paille et de feuilles rudimentaires; la nuit était froide,
tellement froide que je sentis le besoin intense de couvrir mon corps
nu. Mais nous n'avions que les feuilles froides pour nous abriter.
Nous étions nus et nous le resterions pour toute la durée de
l'initiation. Je tremblais timidement alors que le vent lourd de
poussière me refroidissait.
A suivre......
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sur le site ou à mon courriel
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Nous avons dans notre civilisation occidentale
des façons d'accéder à d'autres dimensions
voir mon blog : régressions en vies passées:
nous accédons à d'autres dimensions de façon similaire à la régression
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je propose des sessions l'été
entre fin Juin et mi Septembre-Octobre
contact: shankariji@gmail.com

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