Wednesday, April 2, 2014

3-INITIATIONS-Le monde de feu et la chanson des étoiles


LE MONDE DE FEU ET LA CHANSON DES ÉTOILES








je continuais de regarder l'arbre, je savais que les anciens m'observaient. Après avoir entendu leurs propos, je me demandais vraiment ce qu'ils pensaient de moi. Moi même je ne savais plus..



Dans un sens je me voyais comme un exemple vivant de la médecine de l'homme blanc en compétition supérieure avec la médecine du monde indigène - une vraie force, ça. 
 

Par ailleurs j'étais persuadé que tout le monde me prenait pour un idiot et un incompétent. La première idée me remplissait de fierté. Je me disais que peut être les anciens me laisseraient partir en voyant qu'il n'y avait rien à faire de moi.

Quand à la deuxième façon de voir, elle ne me rendait pas fier. Le temps passait et mon arbre ne bougeait pas, peut être aurais je du penser à ma dernière idée en premier .

Y avait il quelque chose que je n'arrivais pas à faire ?

Il fallait que je passe à travers- quel voile ?

Ma tâche était de m'assoir à une certaine distance de l'arbre et de le fixer: Je m'étais juste levé pour essuyer la sueur de mes yeux, je ne voyais pas en quoi cela faisait de moi un mauvais étudiant. J'avais été patient, obéissant et présent toute la journée.


La nuit tomba. Les anciens partirent et le coach arriva.

« C'est bon pour aujourd'hui. Si tu n'as rien vu aujourd'hui, comment espères tu voir quoique ce soit une nuit sans lune ? Tu as l'intention de voir à la lumière des étoiles ? « 



J'ai sauté sur l'occasion pour lui demander ce que j'étais supposé voir. il était là devant moi et je le dévisageais. Il était sale, son ventre était calleux et sentait mauvais comme s'il avait partagé son repas avec des vautours. Il était immense et même s'il était noir ébène , le noir de sa peau semblait artificiel, le résultat de nombreuses années de négligence entretenue.



Je savais que la majorité du village ne prenait un bain et ne se savonnant qu'une fois par an. Même ceux qui ne se baignaient qu'une fois n'étaient pas plus propre que le coach. Mais on voyait au moins leurs pores. A contrario, le corps du coach était couvert d'une couche de crasse épaisse et puante. Deux couleurs transcendantes illuminaient son visage : rouge et blanc.


Le blanc de ses yeux bougeait sans cesse roulant dans leurs orbites, c'était effrayant.

C'était la coutume Dagara de ne pas regarder quelqu'un dans les yeux, mais le coach la poussait à l'extrême: il ne posa jamais son regard sur moi.

Ils semblaient suivre des yeux quelque chose qui bougeait derrière moi, d'avant en arrière et de gauche à droite.

Sa bouche, à l'image d'un volcan était entouré de rouge. Il se lécha les lèvres comme s'il venait de terminer un repas somptueux. La seule partie propre de sa personne était sa bouche



soudain Il partit, et je le suivis à une bonne distance



j'ai senti que je n'avais pas réussi aujourd'hui. Pas parce que le coach me l'avait dit. Je l'ai senti au plus profond de moi. Je ne savais toujours pas ce que j'étais supposé voir ou ce qui m'empêchait de le voir.



La journée était finie, la nuit était venue et d'autres choses allaient m'arriver en plus de ce sentiment d'échec.

J'avais déjà échoué pour un exercise. C'était frustrant. Mais ce qui me faisait encore plus peur était ce que père m'avait dit à propos de l'initiation et de ses dangers. Est ce que cet exercice que je ne réussissais pas pouvait me tuer ?



Quand je suis revenu au camp, Nyangoli refaisait son lit avec d'autres initiés. Il me remarqua mais comme tout le monde, il continua ce qu'il faisait. La chaleur de la journée avait séché les feuilles sur lesquelles nous avions dormi la veille, il fallait les remplacer.



Personne ne me dit quoi faire, j'ai refait mon lit. La nuit devenait de plus en plus noire.

Ceux qui avaient fini de faire leur lit s'en allèrent préparer le feu de camp pour la veillée de la nuit. Nyangoli m'attendit. Il m'aida même à remettre des feuilles fraiches sur mon lit. Temporairement réconforté, je le regardai mais il détourna les yeux, probablement gêné que je n'ai pas réussi.



Je comprenais son dilemme. Le pauvre se faisait sans doute charrié pour être ami avec un noir blanchi. 

Je me rappelais d'un incident un an plus tôt quand j'étais juste revenu au village. Nyangoli m'apprenait à utiliser un arc et des flèches et des enfants se moquèrent de lui pour agir comme un père vis à vis de moi qui était plus âgé que lui. 
« tu ne peux pas faire d'une femme un homme « un des leurs se moqua 
« mwin « (le Dieu suprême) a fait cette erreur lui même en créant une fois un être avec des organes mâle et femelles. Ca fait longtemps qu'il a réglé ça- alors n'essaye pas de répéter cette erreur. »



c'était un sacrifice pour Nyangoli d'être mon ami. Même s'il ne dit rien en m'aidant à faire le lit, Je réalisai qu'il y avait quelque chose de très profond, de très mystérieux dans ce geste, j'en fus très touché.



Nyangoli m'avait dit que les villageois n'avaient pas le droit de parler de connaissance ésotérique, qu'ils aimaient et respectaient ce qui était mystérieux . Je suis devenu plus discret en parlant de certains sujets que l'on n'était pas supposé évoquer.



Malgré ce silence sur ces sujets tabous, je n'ai cessé d'apprendre de Nyangoli. Son existence même et ses actions communiquaient clairement que ces non-dits et ses gestes étaient plus parlants que des explications. Ce fut particulièrement évident à un moment comme celui ci.



Nous sommes partis vers le feu de camp une fois le lit fini. Personne ne semblait avoir remarqué notre absence ni que nous arrivions en retard. L'ancien allumait déjà les brindilles et les premières étincelles tournèrent rapidement en un feu ardent qui illuminait les visages de ceux qui l'entretenaient. Nous sommes rentrés dans le cercle, attendant en silence.



Puis vint le son du kuor, le tambour de cérémonie, qui annonçait le rituel qui allait commencer. Il était plutôt de note élevée mais ici et là une note basse le ponctuait.


La signification de ces rythmes n'était pas évidente, les tonalités augmentaient et intensifiaient le sacré du moment. Comme à l'écoute lui même, le feu répondait presque immédiatement en lançant ses flammes dans le ciel, passant de l'orange au violet. J'entendais le tambour derrière moi mais je n'aurais pas su dire s'il était proche ou lointain.

Ce n'était pas important tant qu'on l'entendait et que l'on ressentait ses effets. Bientôt le cercle s'ouvrit au sud. Cinq étudiants rentrèrent, suivis des anciens. Les étudiants portaient des pots de peinture qu'ils posèrent près du feu.



Les anciens prirent place aux quatre directions et le coach examina tous les pots et leurs contenus, versant de la médecine dans chacun. Je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer ce soir là et je n'étais pas très à l'aise vu comment les évènements de la nuit précédente m'avaient affecté. Mon échec de la journée me faisait peur. Si le succès d'une expérience présente dépendait du succès de la précédente, j'étais certainement l'initié le plus défavorisé ce soir.



L'ancien au centre du cercle prit le pot et commença à peindre le corps du coach. Il fit d'abord des lignes de couleur rouge brillant qui allaient d'une oreille à l'autre sur le visage du coach. Puis il ajouta des lignes qui allaient d'une joue à l'autre puis sous le nez. Il rajouta un cercle autour de la bouche



le symbolisme de ce dessin étaient totalement indéchiffrable mais si je sentais que les lignes avaient un sens.



Un ancien peint le visage du coach tout en parlant la « langue Première », la langue que les Anciens apprennent pour remplir leurs fonctions. La langue Primaire est la langue de l'Esprit et de la création. Quand elle est parlé à des occasions spéciales, elle a le pouvoir de manifestation. La langue première peut être dangereuse,  elle peut tuer. 

Je me rappelle de la première fois ou mon grand père la parla, j'étais un enfant. Il l'utilisa pour se venger d'un vautour qui avait déféqué sur sa tête chauve. Il se mit en face de l'arbre ou l'oiseau s'était posé, et dit quelque chose à l'oiseau malheureux qui s 'écrasa au sol. Quand je me suis précipité pour l'attraper, le pauvre n'était plus que cendres.

Le language est tellement puissant que seuls quelques anciens en ont la garde.



En regardant l'ancien peindre, je sentis intuitivement qu'il y avait une connexion entre ce qu'il disait et la précision presque mécanique de son dessin. Le pinceau bougeait comme par magie. C'était une danse qui répondait à la chanson du tambour. 
La danse du pinceau dialoguait aussi avec le mouvement des flammes. Je prenais conscience que le rythme du tambour, la danse du feu et la signification de ce qui s'inscrivait sur le visage du coach était irrémédiablement connecté. Au final son visage était un ensemble de couleurs, blanche, rouge, vert, bleu et jaune . 
 

L'ancien passa ensuite au torse du coach et dessina une grande ligne verticale blanche qui commençait au niveau de la gorge et s'arrêtait au nombril. Puis il dessina une série de lignes jaunes horizontales qui traversaient la ligne verticale d'est en ouest. On aurait dit que le coach portait ses os à l'extérieur du corps. Les motifs devinrent encore plus compliqués quand l'ancien commença à peindre sur ses jambes

j'arrêtais de me concentrer sur les peintures, ce que disaient le coach et l'ancien attira mon attention. Ça commença par un murmure comme s'ils échangeaient des informations pratiques mais bientôt on aurait dit qu'ils récitaient des prières qui faisaient partie du rituel. Ils n'utilisaient pas la langue première, ni la langue normale. Le tambour s'intensifia pendant qu'ils parlaient.



Le feu grandit et gronda plus fort quand le vieil homme peignit le coach, le transformant en un fantasme.

Une fois fini, l'ancien jeta son pinceau dans le feu qui se cabra et rugit.



(….tous les étudiants se peignent le corps)



J'ouvris les yeux , le cercle ressemblait à un pays féérique. Le feu était merveilleusement vivant. Ce n'était plus juste un feu mais un cercle dynamique et luminescent , une fenêtre sur un monde merveilleux peuplé de lilliputiens. Ils étaient en suspension au dessus du feu chantant une mélodie étonnante. Je regardais ces êtres, fascinés par leur mouvement incessant. Ils étaient suspendus dans l'air.



En fait je réalisais qu'ils m'apparaissaient petits parce qu'ils étaient loin. En même temps je savais très bien qu'ils étaient juste là devant moi ; le chant émanant du feu ne venait pas nécessairement des personnages qui flottaient dans l'air mais semblait plutôt venir de tous cotés et de toutes choses. Le cercle luminescent du feu grandit de plus en plus,  je ne savais pas vraiment ce qui se passait, cela m'importait peu, je me sentais vraiment bien.



Nous avons tous commencé à chanter comme si nous connaissions les paroles, comme si nous les avions appris dans une vie passée. La partie analytique de mon cerveau lâcha, et j'étais irrésistiblement happé. Je chantais de tous mes poumons, tapais des mains et dansais.



Je ne pouvais pas voir les autres mais je savais qu'ils étaient tous là. Je le sentais par un sens autre que les cinq sens courants. Bientôt je me ressentis moi même invisible et pourtant j'étais d'autant plus tangible, puissant et inaliénable.



C'était un sentiment merveilleux, je n'avais jamais fait une expérience aussi réelle, aussi vraie et aussi juste.

Nous avons répondu sans hésitation à l'invitation de venir dans le cercle dynamique du feu. Je ne me rappelle pas qui nous a invité, je ne pense pas que c'était un ancien, l'invitation venait plutôt d'un des anges qui flottaient dans l'air.



L'espace au milieu du feu était naturel et très vaste, des arbres brulaient sans être détruits. Ils brulaient d'un feu qui était aussi pur et plus brillant que l'or le plus pur du monde- et je me trouvais en son sein.

L'herbe brulait aussi, dorée mais non brulée. 
J'arrivais à une rivière- une rivière de liquide doré ressemblant à de la lave dévalant une colline. Cette rivière me soulagea mille fois plus que tout ce que j'avais jamais éprouvé ici sur terre. Je me jetais dedans, dans un moment d'excès et de folie et l'effet du contact fut tellement puissant que je me suis évanoui.



Quand je me suis réveillé, il était tard dans la nuit, je m'en suis rendu compte par la position de l'étoile du berger qui était déjà haute dans le ciel. L'aube était proche. J'étais étendu sur la berge d'une rivière près d'un village que je connaissais pas, à trois kilomètres de l'endroit ou s'est déroulée la cérémonie de peinture au coucher du soleil.



J'étais plus surpris et fatigué qu’effrayé. Je me dirigeais vers le camp d'initiation , les images défilant dans ma tête. (….)

quand je me suis couché sur les feuilles froides de mon lit, je ne pouvais dormir, je n'ai même pas essayé. Je regardais le ciel au dessus de moi,  rempli d'une nostalgie immense , des voix lointaines semblaient m'appeler …



Elles semblaient venir de chaque petite étoile qui éclairait le ciel. Un sentiment de douleur et de tristesse indicibles me submergea, et je m'y abandonnais comme si de le ressentir était complètement naturel.



Mon esprit ne chercha jamais à comprendre et à rationaliser ce qui se passa cette nuit là. La noirceur silencieuse était réconfortante à mon cœur et je sentais la présence accueillante des arbres et des plantes autour du camp..la présence invisible de l'immobilité faisait que je me sentais intensément chez moi ici. (…)

puis l'aube arriva. J'écoutais la mélodie de l'oiseau secret et timide de l'aube, les yeux fixés sur le ciel noir scintillant d 'étoiles. J'étais tellement conscient de la vie qui habitait toute choses autour de moi que j'avais l'impression que toute la brousse était dense de circulation. Les arbres oscillaient avec grâce comme s'ils répondaient à la brise rafraichissante du matin, et cette brise semblait amener des formes multiples, y compris la présence d'esprits qui repartaient à leur point d'origine.

Soudain j'ai senti une forte envie de dormir. Le calme de la nuit, le chant de l'oiseau de l'aube, la danse de la brousse me donnèrent un sentiment de paix et de nostalgie immense. Je voulais me joindre aux étoiles tout là haut dans les espaces infinis des royaumes cosmiques. 
 
Il y avait la nuit, il y avait la brousse, et il y avait moi. Rien d'autre n'avait d'importance. 


A Suivre ......

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initiations-ofwaterandspirit.blogspot.com et patricemalidomasome-enfrancais.blogspot.com


Traductions de certains passages du livre « les trois vagues » de Dolores Cannon, hypnothérapeute US...régréssions sur des espaces temps ou expériences avec les extraterrestres souvent

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Qu'est ce que la régression ? renommée « découverte d'autres espaces temps ».. transcripts d 'expérience personnelles

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